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9 octobre 2013

Le point sur les retraites

Le SNUipp-FSU revendique une réforme synonyme de progrès et de justice.

Les enseignants verront leur carrière et leur pouvoir d’achat directement touchés par une réforme qui s’inscrit dans la logique des précédentes.

Le gouvernement affirme qu’il ne touche pas à l’âge légal de départ à la retraite qui est de 62 ans aujourd’hui. Sur le papier peut-être, mais dans la « vraie vie », c’est faux.

En allongeant la durée de cotisation à 43 ans à l’horizon 2035, de fait, l’âge auquel les enseignants pourront partir à la retraite sans décote va reculer encore.

Les enseignants n’auront alors le choix qu’entre partir avec une retraite « peau de chagrin » ou travailler jusqu’à 67 ans.

Nous estimons que ces perspectives ne sont ni justes, ni raisonnables à l’heure où il est demandé aux enseignants de faire au moins cinq années d’étude après le bac.

Le dossier est donc loin d’être clos pour le SNUipp-FSU.

Les jeunes collègues, pour qui l’idée de retraite reste un vague concept, seront concrètement touchés.

Quelques exemples concrets :

- Pierre, né en 1970, est devenu enseignant à 26 ans et pourrait partir à la retraite à 62 ans en 2032. Avec les règles actuelles, il pourrait prétendre à une pension nette de 1452 euros. Avec la nouvelle réforme, sa pension chuterait à 1423 euros soit une perte de 29 euros par mois. Pour toucher le même niveau de retraite qu’avant la réforme, il devra travailler une année supplémentaire (63 ans). Pierre considère qu’il ne peut pas vivre avec une retraite de 1 452 euros. Afin de vivre mieux et percevoir une meilleure retraite de 1 800 euros, il devra encore travailler quatre années supplémentaires jusqu’à 67 ans.

- Justine, née en 1973, est devenue enseignante à 27 ans et pourrait partir à la retraite à 62 ans en 2042. Elle est mère de 3 enfants. Avec les règles actuelles, elle pourrait prétendre à une pension nette de 1294 euros. Avec la nouvelle réforme, sa pension chuterait à 1246 euros soit une perte de 48 euros par mois. Pour toucher le même niveau de retraite qu’avant la réforme, elle devra travailler une année supplémentaire (63 ans). Elle considère qu’elle ne peut pas vivre avec une retraite de 1 294 euros. Afin de vivre mieux et percevoir une meilleure retraite de 1 800 euros comme Pierre né en 1970, elle devra encore travailler quatre années supplémentaires jusqu’à 67 ans.

- Céline, née en 1976, est devenue enseignante à 23 ans ce qui est plus tôt que la moyenne des enseignants actuels (26 ans). Elle pourrait partir en retraite à 62 ans en 2038. Avec les règles actuelles, elle pourrait prétendre à une pension nette de 1827 euros. Avec la nouvelle réforme, sa pension chuterait à 1620 euros soit une perte de 207 euros par mois. Pour toucher le même niveau de retraite qu’avant la réforme, elle devra travailler trois années de plus c’est à dire jusqu’à 65 ans.

- Elsa, née en 1980, est devenue enseignante à 25 ans et pourrait partir à la retraite à 62 ans en 2042. Elle est mère de 2 enfants. Avec les règles actuelles, elle pourrait prétendre à une pension nette de 1551 euros. Avec la nouvelle réforme, sa pension chuterait à 1361 euros soit une perte de 189 euros par mois. Pour toucher le même niveau de retraite qu’avant la réforme, elle devra travailler deux années supplémentaires (64 ans). Elle considère qu’elle ne peut pas vivre avec une retraite de 1 551 euros. Afin de vivre mieux et percevoir une meilleure retraite de 1 800 euros, elle doit encore travailler deux années supplémentaires jusqu’à 66 ans.

Racheter les années d’études : hors de prix !

Aujourd’hui, le coût du rachat des années d’études est inaccessible, même avec une aide forfaitaire. Par exemple, le coût du rachat d’une année d’étude pour Laure, née en 1983, qui débute dans le métier et est au 5ème échelon, sera de 10 963 euros alors qu’elle gagne 1750 euros par mois ! Le gain mensuel de ce rachat sur sa pension sera ensuite de 36 euros.

Hausse des cotisations : le pouvoir d’achat directement impacté

Entre 2014 et 2017, la réforme prévoit une hausse progressive des cotisations vieillesse. 0,15 % dès 2014 pour atteindre au total 0,30 % en 2017. Nos salaires seraient directement touchés :
- 76 euros par an pour un professeur des écoles au 5e échelon
- 88 euros par an pour un professeur des écoles au 8e échelon
- 110 euros par an pour un professeur des écoles au 11e échelon
- 130 euros par an pour un professeur des écoles au 7e échelon Hors Classe

Enfin, la réforme reprendrait aux enseignants des écoles une partie de l’indemnité (ISAE) de 400 euros annuels créée à cette rentrée et ce, dans un contexte de gel des salaires depuis quatre ans. Les enseignants français restent parmi les plus mal payés des pays de l’OCDE.

Les propositions du SNUipp et de la FSU

- Départ à 60 ans avec 75% et 37,5 années, sans décote ni surcote
- Prise en compte études, stages, chômage
- Aménagement fin de carrière
- Droits des mères
- Polypensionné
- Pensions indexées sur les salaires

Financer les retraites c’est possible

Retour sur les réformes de 1993, 2003, 2010 et assurer l’équilibre 5 points de PIB supplémentaires à l’horizon 2050

Un choix politique en agissant sur : l’emploi, les salaires, la fiscalité, les exonérations…

- Réduire le nombre de chômeurs
- Lutter contre la fraude fiscale
- Répartir autrement les richesses produites entre salaires et capital
- Augmenter les cotisations salariales et patronales

 

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