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12 janvier 2012

Appel de l’AFEV pour Libération, le SNUipp-FSU signataire

Vous trouverez ci-dessous l’appel « Pour un pacte national de lutte contre l’échec scolaire » lancé par l’AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville, qui sera publié avec le journal Libération. Sollicité par le journal, le SNUipp-FSU a décidé d’être signataire de ce texte.

• Ce texte constitue un signal fort de défense d’un système éducatif attentif aux élèves, contre toute forme de stigmatisation et contre tout projet d’ exclusion ou de sélection précoces. Suite au propos de Nicolas Sarkozy qui souhaite torpiller le collège pour tous en organisant des orientations dès la fin de 5ème, cet appel aura une signification très forte. Il sera interprété comme regroupant le camp éducatif de tous ceux qui sont attachés à un système éducatif qui garde tous les élèves le plus longtemps en son sein. Le SNUipp-FSU estime qu’il doit en être.

• Les signataires (ci-dessous) regroupent des associations, des syndicats et un grand nombre de personnalités qui ont mené ou mènent des combats communs avec nous (Meirieu, Baud, Hessel…).

• Le contenu de ce texte a été rédigé pour recueillir l’assentiment du plus grand nombre. Pour le SNUipp-FSU qui a des mandats sur le collège, les formules très larges, voire peu précises, ne sont pas en contradiction avec ce que nous portons.

Le Secrétariat Général

Pour un pacte national de lutte contre l’échec scolaire La France, 5ème puissance mondiale, connaît un échec scolaire massif qui se traduit par la sortie du système éducatif de 150 000 jeunes sans diplôme chaque année. Fortement inégalitaire, cet échec scolaire menace la cohésion sociale, à une époque où la réussite scolaire est un sésame de plus en plus indispensable à l’insertion sociale et professionnelle. Au-delà des chiffres, c’est une réalité très difficile que vivent, dans leur rapport à l’école, des milliers d’enfants et leur famille, et dans une autre mesure les enseignants eux-mêmes. Notre système scolaire est en effet caractérisé par une forte pression sur les élèves et leurs parents et par une compétition qui créent de la souffrance et nuisent à son efficacité. Il faut passer d’un système de « sélection » à un modèle de « promotion », d’où chaque enfant, quelles que soient ses difficultés et ses appétences, pourra sortir avec la qualification et les compétences nécessaires à son futur parcours, avec un rapport confiant aux apprentissages et une image positive de soi.

Ce ne sont pas des mesures, ni même des réformes aussi audacieuses soient-elles, qui suffiront à redonner à l’éducation son rôle premier et son efficacité. Il faut aujourd’hui définir ensemble le modèle éducatif que nous souhaitons pour la société française. C’est l’un des enjeux des prochaines élections nationales.

Trois priorités : 1/ En finir avec l’amalgame effort-souffrance L’acte d’apprendre nécessite des efforts répétés et soutenus. Or notre système a pour particularité de placer un nombre très important d’enfants en situation de souffrance, incompatible avec les exigences de l’apprentissage. Dévalorisation de soi, intériorisation de l’échec, violences des rapports avec les autres… Cette souffrance est un fléau qui impacte bien souvent l’ensemble de leur parcours. Il faut prendre conscience de cette réalité sans la confondre avec un manque d’effort ou de ténacité. Le bien-être et la sérénité des élèves sont indispensables aux exigences de la performance scolaire. Ainsi le remplacement de la notation à l’école élémentaire par une évaluation fondée sur les compétences de l’enfant doit être un premier signe d’évolution. L’observation du climat scolaire dans les établissements constituerait également un levier pour améliorer le bien-être des enfants. Il faudrait intégrer le travail personnel au temps scolaire afin de ne plus laisser les plus fragiles seuls face à leurs devoirs. Dès lors, un accompagnement individualisé hors temps scolaire, mené par les associations d’éducation populaire, pourrait être proposé aux élèves en fragilité, pour leur redonner goût à l’école, leur faire retrouver confiance en eux et leur offrir une ouverture culturelle. Mené en lien avec les familles, il aiderait aussi des parents souvent très angoissés à se sentir plus légitimes pour suivre la scolarité de leurs enfants.

2/ Réinventer le collège unique Difficultés d’enseigner, tensions entre élèves, multiplication des processus de décrochage scolaire : le collège cristallise les difficultés du système éducatif français. Initialement pensé comme un « petit lycée », il n’a pas réussi, sur cette base, le pari de la massification menée dans les années 70. Le collège doit être repensé comme le prolongement de l’école primaire afin que chaque élève en sorte avec les compétences scolaires et culturelles nécessaires pour son futur parcours. Pour cela, à l’entrée, les enseignements pourraient être organisés en grands blocs de matières pour devenir progressivement plus spécialisés, et le travail en groupes réduits gagnerait à être systématisé.

3/ Pour une orientation choisie en filière professionnelle L’enseignement professionnel accueille un tiers des lycéens français. Mais souvent vécue comme une injustice – l’élimination d’une trajectoire scolaire idéale –, l’orientation en « pro » a trop longtemps été envisagée comme une option par défaut réservée aux élèves « non qualifiés » pour les filières d’enseignement général. C’est la raison pour laquelle la majorité des sorties sans diplôme se compte dans la voie professionnelle. C’est un plan global qui doit être lancé. Il faut améliorer les conditions d’accueil, élargir l’offre de filières, moderniser le matériel mis à disposition, renforcer le lien avec le monde professionnel, accompagner les bacheliers professionnels vers la poursuite d’études … Pour financer un tel plan, on pourrait s’appuyer sur la refonte de la taxe d’apprentissage. Face à la « course à l’armement scolaire » à laquelle on assiste aujourd’hui, enseignants, familles et associations, nous devons unir nos forces pour aider les élèves les plus en difficultés à ne pas sombrer. Nous appelons à une nouvelle convergence contre l’échec scolaire !

Liste des signataires au 26/12/2011

Personnalités : 1. Albert Algoud, journaliste 2. Dominique Ane, chanteur 3. Etienne Balibar, philosophe 4. Pascal Bavoux, sociologue 5. Stéphane Beaud, sociologue 6. Nathalie Broux, coordinatrice du Microlycée 93 à la Courneuve 7. Rodolphe Burger, musicien 8. Nicole Catheline, pédopsychiatre 9. Boris Cyrulnik, psychanalyste 10 Eric Debarbieux, 11. Anne-Claire Defossez, sociologue, conseillère municipale 12. Marcel Detienne, anthropoloque 13. Vikash Dhorasoo, ancien footballeur international (finaliste de la Coupe du monde 2006) 14. Yohann Diniz, athlète (double champion d’Europe, vice champion du monde) 15. Nicolas Domenach, journaliste (à confirmer) 16. Jacques Donzelot, sociologue 17. François Dubet, sociologue 18 Marie Duru-Bellat, sociologue 19. Alain Erhenberg, sociologue 20. Annie Ernaux, écrivain 21. Didier Fassin, anthropologue et sociologue 22. François Flahault, philosophe 23. Agnès Florin, professeur en psychologie de l’enfant et de l’éducation 24. Olivier Galland, sociologue 25. Roland Gori, psychanalyste, initiateur de l’Appel des appels 26. Marc Gurgand, économiste 27. Claudie Haigneré, ancienne ministre 28. Stéphane Hessel, écrivain 29. Christophe Honoré, écrivain et cinéaste 30. Aziz Jellab, sociologue 31. Axel Kahn, généticien 32. Anousheh Karvar, secrétaire nationale de la CFDT 33. Françoise Lorcerie, chercheuse en éducation 34. Abd Al Malik, chanteur 35. Philippe Meirieu, chercheur en éducation 36. Pierre Merle, sociologue 37. Annette Messager, artiste plasticienne 38. Xavier Nau, membre du Cese, rapporteur de l’avis du Cese sur les inégalités à l’école 39. Jean-Marie Petitclerc, directeur de l’association le Valdocco 40. Thomas Piketty, économiste 41. Serge Portelli, magistrat (vice président du Tribunal de grande instance de Paris) 42. Ghyslaine Richard, membre de la direction nationale de la CGT 43. Harry Roselmack, journaliste 44. Pierre Rosanvallon, professeur du (au ?) Collège de France 45. Elizabeth Roudinesco, psychanalyste 46. Marcel Rufo, pédopsychiatre 47. Lydie Salvayre, écrivaine 48. Thomas Sauvadet, sociologue 49. Bruno Tardieu, délégué national d’ATD Quart Monde 50. Jean Viard, sociologue 51. Georges Vigarello, 52. Patrick Viveret, philosophe et essayiste 53. Tania Young, journaliste

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