www.snuipp.fr

SNUipp-FSU des Landes.

*

Thèmes abordés


Vous êtes actuellement : Métier 

fontsizeup fontsizedown Enregistrer au format PDF impression s'abonner  à la rubrique {}
7 novembre 2011

Port Leucate 2011, nouveau lieu de rendez vous des amoureux de la pédagogie !

Les Universités d’Automne du SNUIpp : une autre école est possible !

Se rendre aux Universités d’Automne est un voyage exploratoire. On y part morose et fatigué. On en revient regonflé et …fatigué…mais autrement !

Pour se rendre à Port Leucate, nouveau lieu de rendez-vous des amoureux de l’école du SNUIpp, parfois on passe par Foix. Enfin…on passe par Foix une fois. C’est ce qu’on a fait cette fois, cette première fois. Sur cette route buissonnière nous avons traversé le monde : longé la cordillère des Pyrénées, escaladé les piémonts italiens, exploré les canyons canadiens, admiré le ciel Corse. Vraiment un beau voyage. Un peu long peut-être… mais tellement inattendu. Son souvenir restera forcément plus tenace que le banal retour par l’autoroute…

Arrivées à bon Port Leucate, fatiguées, nous voici au pays des enseignants à la recherche de l’Eldorado pédagogique. Nous allons de port en port, recevoir l’éclairage des pionniers qui ont creusé pour nous les voies de la réflexion.

Erick Prairat nous invite à réfléchir sur la piste de l’éthique professionnelle. Quelle déontologie peut guider notre métier ? Quels repères peuvent nous permettre d’organiser nos conditions de travail, faciliter nos prises de décision et notre engagement ? Comment définir l’enseignement dans l’école publique ? L’éthique professionnelle est un accès à la sagesse collective du métier. E. Prairat en énonce six bénéfices : réaffirmer la cohésion du corps professionnel, délimiter le domaine d’intervention, assurer une garantie juridique, donner des gages de fiabilité, affirmer la légitimité de l’école dans la transmission des contenus et la formation des citoyens, et pour finir renouveler le pacte de confiance entre les parents et l’école. Pour construire ce pacte professionnel, il est nécessaire que le groupe de professionnels revendique son utilité publique en se donnant un minimum de normes, ni trop extravagantes, ni trop faciles à souscrire, trouver un consensus,des accords minimalistes. Pour commencer, il faudra se mettre d’accord sur ce qu’est l’école aujourd’hui : un lieu spécifique de formation et de transmission, un lieu intermédiaire entre le domaine privé de la famille et le monde social, un lieu d’exercice, un lieu hospitalier. A nous de cerner les limites de ce monde…

Corinne Loie, orthophoniste, nous alerte sur la fragilité de notre outil de travail qu’est la voix. En décrivant les risques et les précautions à prendre pour continuer à nous faire entendre, sur les voies pédagogiques.

Avec Xavier Pons, nous naviguons sur le flot des politiques d’évaluation des écoles. Capitaine charmant, il nous fait visiter les côtes

  anglaises, françaises et suisse ( !) en comparant trois contextes institutionnels très différents qui pourraient être interprétés ainsi : en Angleterre, une forte systématisation de l’évaluation des établissements, l’explicitation et la formalisation des attentes, un pilotage fort par les résultats mais des contraintes bureaucratiques importantes et une forte pression sur les équipes. En Suisse, une grande disparité des modes d’évaluation, chaque canton ayant son propre système donc peu de comparaisons possibles. En France, la politique d’évaluation hésite à systématiser les critères et l’évaluation des établissements souffre d’une crise du sens …

Et puis nous avons aborder avec Serge Boimare sur les berges rétruses des élèves en difficultés, les 15 % qu’il qualifie d’intouchables par ou du système scolaire. Avec Boimare, tranquillement, sereinement, nous avons rêvé de répondre OUI à la question “Faut-il une révolution pédagogique pour réduire l’échec scolaire ?” Et d’abord tordre le cou à un premier préjugé qui fonctionne à l’école : la difficulté serait un déficit. Non, il faut relancer la pensée des élèves empêchés de penser par la culture et le langage. Changer les pratiques en satisfaisant 5 besoins fondamentaux des apprenants : être intéressé, être nourri de culture, s’entrainer à l’expression et au débat, toujours donner du sens aux savoirs, et faire naitre le sentiment d’appartenir à un groupe. En pratique, il prône une heure quotidienne de culture humaniste : par le lecture à haute voix de l’adulte pour restaurer l’écoute, puis un entrainement régulier à l’expression et au débat. Le discours de Serge Boimare paraît si simple et si limpide que nous nous sommes senties de son pays : celui des valeurs humanistes…ça fait du bien !

Pour finir la visite de ces 11e Universités d’Automne, nous avons tenté l’escalade des propositions de Francois Dubet sur l’offre scolaire. Lui aussi nous a parlé sans notes, fluidement, avec souvent une pointe d’ironie et d’humour dans la métaphore. Après un constat historique de l’impuissance de l’école française face à l’inégalité scolaire. Voire même pire : puisque l’école depuis une quinzaine d’année serait un facteur d’accentuation des inégalités sociales, F. Dubet ne voit qu’une issue : nous montrer résolument réformistes et refuser catégoriquement l’idée d’une école méritocratique. Trois pistes sont à mettre en chantier : la formation des maîtres, coupler l’école et le collège en s’écartant de l’objectif d’une préparation au lycée, et mettre en oeuvre la réflexion et le travail collectif au sein des établissements. En sortant de sa conférence, nous nous sommes senties un peu“dubitatives” sur notre capacité à réussir ces changements nécessaires qui ne pourrons faire l’économie de sacrifices en particulier sur la gestion de notre temps libre… Sommes-nous devenus trop individualistes dans nos pratiques quotidiennes ???? Et qui aura le courage politique de s’attacher à ce chantier à long terme ?

  Ainsi, nous tanguions sur les derniers remous de notre voyage entre amoureux d’école. Au loin, nos vacances devenaient effectives. Il fallait rentrer. La tête pleine de pépites pédagogiques, le coeur rempli de complicité professionnelle, les yeux éclairés des lumières de ces Eldorados pédagogiques. Cap vers une autre école, hardis, hardis…souquez, hissez les voiles…

Et nous fûmes 8 femmes à retourner vers l’Ouest. Dans le minibus, par l’autoroute. Les conversations allaient bon train. On a toujours quelque chose à se dire entre collègues. Nous partageons le même horizon…

Pour l’intégralité, plus de détails, plus d’exhaustivité, et plus d’objectivité aussi, sans doute, sur le contenu des conférences, ne manquez pas le numéro spécial de Fenêtre sur Cours et à l’année prochaine pour de nouvelles aventures. Mais d’ici là, gardons le cap !

Isabelle Miremont

Et encore plus en cliquant sur ce lien : www.snuipp.fr/Sebastien-Sihr-a-l-Universite-de

 

12 visiteurs en ce moment

*Top SNUipp-FSU des Landes 97, place de la caserne Bosquet, 40000 MONT DE MARSAN Tél : 05 58 933 933 Email : snu40@snuipp.fr
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU des Landes., tous droits réservés.